____ La crainte de la solitude motive souvent le maintien de situations fausses, d'un simulacre de vie familiale, en différant sans cesse une décision de rupture que l'agonie de sentiments se justifie. Endurer une douleur moralement pénible. Le deuil, le rejet, la solitude, en sont des exemples types. Souffrir est souvent le solde de tout compte d'une histoire d'amour irréparable, qui s'enfonce dans la mémoire. Souvenirs enfouis en soi, tels des écriteaux signalant "crève-c½ur" appelant à la tristesse. L'oublie des souvenirs les plus cachés atteint l'absurde en culminant les moindres étrangers suspects d'outrepasser la grande porte accédant à la mémoire et ayant pour but de les faire disparaître. Elle n'est susceptible de s'ouvrir que si l'on ne le décide. L'être humain est maître de son corps, c'est encore la seule chose qui lui appartient. Qu'un passé soit douloureux ou non, seul celui qui l'a vécu délibère sur la question de l'oublier ou non même si un passé ne s'oublie pas car s'étant déjà déroulé auparavant, il ne peut être effacé de nos mémoires puisque quoi qu'il en advienne, il fut un temps où celui-ci était présent. Par conséquent, on ne peut que simuler sa disparition. L'expression de la souffrance est habituelle dans l'évocation d'une séparation, d'une rupture ou encore d'un amour à sens unique, renvoyant l'empreinte de l'échec à une sorte de fatalité invincible. La souffrance qu'on peut nous affliger laisse derrière elle une trace refoulée d'un choc affectif – vestige d'une rupture, d'un échec, etc. Que la mémoire ne cesse de réintégrer inconsciemment dans la vie quotidienne, et qui doit être clarifiée sans quoi la dépression prend possession de soi, ce qui nous mène à ce précipice qu'on a tous l'habitude d'appeler « gouffre».
____ L'état d'un Homme n'est pourtant pas si apocalyptique que cela. La fin du Monde est bien plus dantesque, chose qui semble évidente et qui, pourtant, n'est pas considérée comme telle une fois l'Homme en peine. L'Homme est faible et ne parvient pas toujours à se rendre compte qu'il y a toujours pire que soi. Les cris les plus épouvantables sont ceux dont on parle le moins, comme le dit Sénèque : « Les douleurs légères s'expriment ; les grandes douleurs sont muettes. » Rien que d'imaginer une vie où le taux de mortalité serait bigrement élevé qui me ferait vivre un calvaire encore inconnu ; me fait ressentir un sentiment de culpabilité et d'égoïsme profond. Quelle vanité ! De quel droit me permets-je de m'accabler de pleurs lorsque la véritable souffrance, je ne la connais pas ?! Je ne dis pas que la vie est simple puisque malgré qu'elle paraisse prosaïque à vue d'½il par ses jours soi-disant répétitifs et par des habitudes ancrées dans nos journées et des problèmes que l'on rencontre; elle ne l'est pas. A chaque jour, son changement. A chaque être, sa part de bonheur. On y aura tous droit un jour où l'autre, encore faut-il apprendre à être patient ce qui est si ésotérique, je vous l'accorde.
____La vie est si belle lorsque l'on accepte de le réaliser et de mettre de côté toutes ces souffrances qui prennent tant de place innocemment. Des petits instants où l'on riait sont souvent mis de côté et jetés aux oubliettes tandis que nos malheurs ; ces instants où l'on pleurait sont toujours en haut de l'affiche. Et si on inversait les rôles pour une fois ? Il est vrai que c'est plus facile à dire qu'à faire, je le conçois. Néanmoins, ce n'est pas illusoire mais bien réalisable si on parvenait à être fort. Plus fort que ces foutus ressentis si morbides qui ne sont là que pour aboutir à une totale autodestruction de soi. A quoi bon se heurter aux mauvais penchants de la vie, à quoi bon espérer des choses qui ne verront jamais le jour, à quoi bon se faire mal lorsqu'on pourrait aller bien, du moins, mieux ? L'Homme est de fond en comble masochiste. Il cherche le plaisir dans la douleur en la ressassant sur la table, car en réalité, il ne veut pas la laisser partir. La laisser partir serait oublier, et oublier est encore une chose qui demande énormément à un être qui espère encore et toujours malgré qu'il ne sache pas exactement ce qu'il espère...
Citation :
> Il croyait que c'était à la solitude qu'il tentait d'échapper, et non à lui-même.
William Faulkner



